Garantir l'inclusion de la prise en charge des troubles liés à l'usage de substances dans la couverture sanitaire universelle au Cameroun
Messages clés
• La consommation de substances psychoactives et les
troubles liés à leur consommation constituent un
problème de santé publique au Cameroun, représentant
une menace importante pour la santé des adolescents
et les empêchant de réaliser pleinement leur potentiel à
l'avenir.
• La prévalence de la consommation de substances
psychoactives et des troubles liés à leur consommation
est élevée chez les jeunes au Cameroun. En 2023, les
rapports des centres de traitement de la toxicomanie
ont révélé que 17,2 % des cas de toxicomanie
concernaient des adolescents de moins de 19 ans,
tandis que 34 % concernaient des jeunes adultes âgés de
20 à 24 ans. Dans les écoles secondaires, 1 élève sur 4
consomme des drogues, tandis que 6 enfants des rues
sur 10 ont déjà consommé des drogues.
En 2023, 19 centres de traitement de la toxicomanie
existants comptaient 1 719 adolescents sous traitement et
420 au premier trimestre 2024. L'accès aux centres de
traitement reste difficile en raison du coût des soins.
• La toxicomanie non traitée a des coûts à long terme
pour la société, notamment les dépenses de santé
supportées par les individus, les ménages et le système
de santé, la perte de productivité et l'alourdissement de la
charge pesant sur les forces de l'ordre et le système
judiciaire. L'extension de la couverture sanitaire
universelle (CSU) aux services de traitement de la
toxicomanie pourrait être plus rentable en favorisant une
intervention précoce et en réduisant ces coûts en aval.
• L'inclusion du traitement de la toxicomanie dans la
CSU garantirait un accès équitable, indépendamment
du statut socio-économique, conformément aux
principes de la CSU qui visent à ne laisser personne de
côté.
• La lutte contre la toxicomanie et la dépendance
concerne tous les segments de la société camerounaise.
L'intégration du traitement des cas de dépendance
dans le programme de couverture sanitaire universelle
du Cameroun sera opportune, car cela pourrait réduire
la prévalence jusqu'à 38,4 %.

